Étudiante avec un masque au Burkina Faso
© Plan International / Nicolas Canton
19.05.2021

Les filles nomment l'Education comme domaine de vie le plus touché par la pandémie de COVID-19

Zürich, 19.05.2021 – 

Pour presque toutes les filles à travers le monde (95%), la pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif. C'est ce qu'affirment les adolescentes et les jeunes femmes dans une étude internationale réalisée par Plan International, organisation de défense des droits de l'enfant et de l'égalité des genres. Qu’elles soient d’Inde, des États-Unis, d’Equateur, d’Égypte, du Mozambique ou de France, la pandémie bouleverse leur vie entière, à commencer par leur éducation. Un constat dramatique qui ne les empêche pas de garder espoir pour l’avenir.

Plan International a interrogé 7000 filles et jeunes femmes venant de 14 pays différents, dans le cadre de l'étude intitulée « Halting Lives : The Impact of COVID-19 on Girls and Young Women.» (Des vies qui s’arrêtent : l’impact de la COVID-19 sur les filles et les jeunes femmes). La deuxième partie de cette étude, « Halting Lives 2 - In Their Own Voice » (Des vies qui s’arrêtent 2 : Les voix des filles et des jeunes femmes), se concentre sur les résultats d'entretiens approfondis avec des filles et des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sur une période de six mois. L'étude montre que la pandémie affecte divers aspects de leur vie : l'éducation, la santé, le revenu familial et l'incertitude quant à leur avenir. Pourtant, les filles font preuve d’une grande résilience et restent déterminées à poursuivre leurs ambitions.

Les filles s’inquiètent du retard pris sur leur scolarité 

  • 20 millions de filles supplémentaires en âge de fréquenter l’enseignement secondaire pourraient être déscolarisées à la fin de la crise à cause de la pandémie (Source : Fondation Malala).
  • « Quand j’allais à l’école, j’apprenais et j’étais active. Tout ce que nous faisons à présent ce sont les tâches ménagères à la maison et cela affecte notre état psychologique», confie Tdesey, Ethiopienne de 16 ans. 
  • « Le plus dur a été de travailler seul·e·s... Il faut améliorer la situation, je pense qu’ils ont vraiment besoin de plus de personnel... Ils [les professeurs] ne sont joignables que de 13h30 à 15h... Il faut qu’ils s’adaptent à la situation », Seny, étudiante française de 19 ans.
  • Le mauvais accès à Internet, le manque d'argent pour les données mobiles, les téléphones portables et les autres coûts liés à l'apprentissage en ligne, la difficulté de concentration, la solitude, les tâches ménagères et l’absence de soutien du corps enseignant empêchent les filles de poursuivre leur scolarité à distance. 

L’isolement pèse sur la santé mentale des filles

  • 9 filles et jeunes femmes sur 10 affirment ressentir une forte anxiété depuis le début de la pandémie, en particulier lors des confinements, très éprouvants psychologiquement.
  • « Depuis le début de la pandémie de COVID-19, je ressens de l’anxiété, de l’angoisse et de la peur, notamment de transmettre le virus », explique Avani, élève indienne de 18 ans.
  • La crainte du virus, l’isolement et l’omniprésence de la Covid-19 dans l’actualité médiatique constituent les principales causes de détresse émotionnelle et psychologique évoquées par les filles. Même pour celles qui ont pu retourner à l’école, le soulagement de retrouver les salles de classe n’a pas permis de se libérer totalement de l’angoisse.
  • Hausse des violences sexuelles et des inégalités de genre
  • 15 millions de cas supplémentaires de violences liées au genre sont anticipés pour chaque trimestre de confinement accompagné de la fermeture des écoles (Source : ONU).
  • « Pendant cette période, certaines filles seront soumises à des mariages d’enfants, d’autres vont tomber enceintes. […] Pour les parents, avoir une fille à la maison, c’est un poids. Pour s’en débarrasser, ils la confient à un homme », explique Xiluva, lycéenne de 17 ans au Mozambique.
  • Les filles espèrent qu’un retour rapide à l’école les protègera des risques accrus de mariages d’enfants, d’abus sexuels, de violences liées au genre et de grossesses précoces.

La perte de revenus : une source d’angoisse au quotidien

  • 1/3 des jeunes femmes interrogées sont sans emploi et leur famille sans aucun revenu. 
  • « Toute ma famille a perdu son emploi pendant la pandémie […]. Pendant un certain temps, j’ai pu subvenir un peu aux besoins de ma famille, parce que je travaillais 2 jours par semaine et gagnais un tout petit peu d’argent », Gaby, 17 ans, en Equateur.
  • Dans de nombreux cas, la personne qui subvient principalement aux besoins de la famille a perdu son emploi ou vu ses horaires de travail réduits.  S’alimenter, financer l’éducation et s’acheter les produits de première nécessité sont devenu des sources de préoccupation et de tension dans la famille. 

Affronter l’avenir

  • « L’apprentissage a été perturbé par la Covid-19. La plupart de mes amies qui ont arrêté l’école me disent de faire de même, mais je suis déterminée à continuer afin d’avoir une vie meilleure à l’avenir », affirme Audre, 16 ans en Zambie. 
  • Malgré l’ampleur des difficultés rencontrées, les adolescentes et les jeunes femmes restent déterminées à poursuivre leurs rêves et font preuve d’une forte résilience. De nombreuses participantes ont estimé avoir beaucoup appris de leurs expériences au cours de l’année écoulée, notamment grâce à des stratégies pour préserver leur santé mentale comme le sport ou la méditation.

L’ONG Plan International Suisse demande aux gouvernements et à la communauté internationale : 

  • De donner la priorité à la continuité de l’apprentissage lors des fermetures d’écoles et d’investir en faveur de méthodes d’éducation à distance.
  • De permettre un retour à l’école en toute sécurité pour l’ensemble des élèves, en tenant compte du risque accru d’abandon scolaire définitif auquel sont confrontées les filles.
  • De reconnaître l’impact de la pandémie sur la santé mentale, en particulier pour les filles et les jeunes femmes, et d’améliorer les services de soutien psychologique.
  • De lutter contre les violences liées au genre et contre les mariages d’enfants, et de protéger les survivantes de violences sexuelles pendant la pandémie.
  • De garantir aux familles un revenu adéquat et un accès aux produits de première nécessité, notamment les denrées alimentaires et les médicaments indispensables.
  • De promouvoir davantage l’emploi et l’entrepreneuriat des filles et des jeunes femmes.
  • D’assurer l’accès équitable et la disponibilité de vaccins COVID-19 sûrs et efficaces dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Voici comment Plan International soutient les enfants, les jeunes et surtout les filles pendant la pandémie :

  • Faciliter l’accès à l'éducation : Rien qu'en Indonésie, Plan International a soutenu 28 000 filles et garçons pour l’apprentissage à la maison, par exemple en distribuant des kits scolaires comprenant des livres et des ustensiles d'écriture, des kits de menstruation et des jeux de société. En coopération avec le ministère de l'éducation, Plan International a formé des enseignants à donner des cours par vidéo et radio. 
  • Soutien psycho-social : Plan International a intensifié le travail existant avec ses partenaires pour créer ou renforcer des centres de consultation en ligne et des lignes d'assistance téléphonique gratuites pour signaler les abus ou fournir des informations sur le virus aux enfants.
  • Promouvoir la participation des enfants et des jeunes : Au Togo, par exemple, Plan International a financé les activités de 22 organisations d'enfants et de jeunes pour lutter contre le virus. Les campagnes digitales produites par les enfants et les jeunes ont sensibilisé 100 000 personnes.
  • Santé et droits sexuels et reproductifs : Plan International a développé et intensifié l'utilisation des outils numériques pour éduquer les jeunes sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. Au Zimbabwe, Plan International a travaillé avec le ministère de la Santé et du Bien-être de l'enfant pour fournir des services de santé sexuelle et reproductive aux adolescentes et aux jeunes par le biais de cliniques mobiles.

Méthodologie du rapport : Entre juin et juillet 2020, Plan International a mené une enquête quantitative auprès de 7000 participantes originaires de 14 pays : Australie, Brésil, Équateur, Égypte, Éthiopie, France, Ghana, Inde, Mozambique, Nicaragua, Espagne, États-Unis, Vietnam et Zambie. 202 entretiens approfondis d’au moins une heure, par téléphone et par visioconférence, ont été menés sur 3 périodes (juillet-août 2020, octobre 2020, décembre-janvier 2021) auprès de 70 filles et femmes âgées de 15 à 24 ans, originaires de pays mentionnés.
 

Plan International Suisse est une organisation indépendante à but non lucratif, qui s’engage en faveur de l’égalité des genres et des droits d’enfants dans différentes parties du monde. Par ses programmes, Plan International Suisse crée les conditions nécessaires pour que les adolescentes et les jeunes adultes soient protégées, instruites, libres et renforcées sur le plan économique. 

Plan International Suisse fait partie de l’organisation mondiale de développement Plan International. Plan International a 80 ans d’expérience de travail avec les enfants, les jeunes, les familles et les communautés dans le monde entier et est active dans plus de 75 pays. L’organisation met un accent particulier sur les droits des filles et des jeunes femmes. Elle remet en question les normes et les attitudes sociales afin d’apporter des changements transformateurs aux adolescentes et au jeunes adultes. Plan International influence la politique et développe des programmes qui favorisent l’éducation, la justice sociale et les opportunités économiques pour les filles.

Grâce à son travail de plaidoyer, Plan International a obtenu en 2012 que l'ONU décrète cette journée du 11 octobre comme première journée internationale des filles.
 


Pour plus d’informations et des demandes d’interview (lundi à jeudi): 
Michèle Jöhr, spécialiste en communication Plan International Suisse, T +41 44 288 90 54, michele.joehr(at)plan.ch


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Author:
Plan International Suisse
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